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La Chine, un nouveau monde à explorer

La Chine, un nouveau monde à explorer

Cet été, la Chine a dépassé le Japon pour devenir la 2ème économie mondiale. C’est un pas symbolique de plus vers le leadership économique qui lui semble promis. Avec ses 4 909 milliards de dollars de PIB, la Chine est encore loin des 14 206 milliards du PIB américain, mais si elle maintient un rythme de croissance à deux chiffres, elle pourrait devenir la première puissance économique d’ici 2040.

La vitesse avec laquelle la Chine avance est prodigieuse : la part de son économie dans le PIB mondial est passée de 1,8% en 1978, à 8,4% en 2009 !

Je me suis rendu en Chine durant le mois d’août pour essayer de mieux comprendre ce phénomène de développement à marche forcée, dont on peine parfois à saisir l’ampleur depuis la France, alors que ses implications sont majeures pour l’ensemble du monde. J’avais déjà effectué des « voyages-éclairs » en Chine dans des cadres officiels, peu propices à une découverte du pays « réel », en tant que Ministre du Budget en mars 2006, ou pour les Jeux Olympiques de Pékin. Cette fois-ci, j’ai souhaité passer quinze jours là-bas, entre Hong-Kong, Pékin et Shanghai. C’était indispensable pour prendre le temps de mieux « sentir » le pays en rencontrant à la fois des acteurs de la vie politique et économique, mais aussi, grâce à des amis qui sont sur place, des « Chinois moyens », issus de la société civile. Je veux vous livrer trois remarques qui me sont venues à l’esprit au fil de ce voyage.

1/ La Chine dégage un dynamisme qui contraste avec le sentiment de peur qui paralyse souvent notre pays. Malgré les entraves aux libertés publiques, les inégalités sociales, les menaces écologiques, tous les Chinois que j’ai pu rencontrer, du chauffeur de taxi au chef d’entreprise, m’ont paru convaincus que demain sera meilleur qu’aujourd’hui, qui est déjà meilleur qu’hier. Cette flamme que j’ai vue dans les yeux des Chinois, nous avons perdu l’habitude de la voir dans le regard des Français. Cette impression est confortée par les résultats de l’étude que la fondation pour l’innovation politique a réalisée en 2008 sur les jeunesses du monde face à l’avenir. Il en ressortait que les Chinois de 16 à 29 ans sont beaucoup plus confiants que les jeunes Français du même âge… Ils ont foi :

  • En l’avenir en général : 43% des jeunes Chinois pensent que leur avenir est prometteur contre 26% des Français. 45% des Chinois sont convaincus qu’ils ont une liberté et un contrôle total sur leur propre avenir, contre 22% des jeunes Français…
  • En leur avenir professionnel : les Chinois de 16-29 ans sont 56% à être certains qu’ils auront un bon travail dans l’avenir, contre 27% des Français ;
  • En l’esprit d’initiative : ils sont 89% à penser qu’il est important de développer l’esprit d’entreprise chez leurs enfants (21% en France) ;
  • En la solidarité : 63% des jeunes Chinois se disent prêts à payer les impôts nécessaires pour verser les retraites des plus âgés contre seulement 11% des jeunes Français (le plus bas score de tous les pays interrogés).

Mes impressions sur place, comme ce sondage, confirment la thèse défendue par Dominique Moïsi dans «la géopolitique de l’émotion » et les relations internationales. Selon lui, trois émotions permettent de comprendre la mondialisation: la peur, l’humiliation, l’espérance. La peur aujourd’hui est en en Europe et aux Etats-Unis. L’humiliation, dans certaines régions du Moyen-Orient et d’Afrique… L’espérance est en Asie, à commencer par la Chine.

2/ Le travail est la valeur cardinale sur laquelle reposent l’économie et toute la société chinoise. Dans un pays où la vie politique, religieuse, familiale, artistique est étroitement contrôlée par le pouvoir, l’économie de marché est perçue comme un grand espace de liberté, où le travail est le seul levier de réussite sociale. Les Chinois s’investissent donc sans compter dans leur travail. Là encore, le contraste est saisissant avec notre pays : alors qu’en France notre croissance est essentiellement financée par l’endettement public, la croissance chinoise doit tout au travail des Chinois. Bien sûr le tableau n’est pas tout rose : les conditions de travail, la corruption, les inégalités ou le niveau des salaires (la part des salaires dans le PIB chinois était de 56,5% en 1983 contre 36,7% aujourd’hui) sont source de frustration pour les salariés chinois. Il n’en reste pas moins que, pour la majorité d’entre eux, le travail est aujourd’hui synonyme de progrès quand il est souvent facteur de souffrance dans notre pays.

3/ Il a fallu attendre le XXIème siècle pour que la muraille de Chine culturelle entre l’empire du milieu et le reste du monde se fissure enfin ! Il est assez fascinant d’imaginer que, pendant des millénaires, l’Europe et la Chine ont connu des développements parallèles, en restant quasi-anonymes l’un pour l’autre. Il y a bien eu des échanges entre les civilisations –il suffit de songer à l’écho en Europe des récits de Marco Polo ou à l’engouement sous Louis XV pour l’exotisme des « chinoiseries »- mais ces contacts sont restés très superficiels. Y compris lorsque les puissances occidentales se sont taillées des concessions en Chine à partir du traité de Nankin de 1842, l’empire du milieu est resté très hermétique à toute influence extérieure. En me promenant sur le Bund, les « Champs-Élysées de Shanghai », avenue bordée de buildings art-déco datant du temps des concessions qui fait face au quartier d’affaires de Pudong, dont la modernité donne un coup de vieux à Manhattan, j’ai eu le sentiment que, pour la première fois de l’histoire, la mondialisation économique entraînait une rencontre entre la Chine et le monde. La Chine « branchée » du Bund est pleinement ouverte à l’international, elle parle Anglais, s’habille à la française, mange américain… et la Chine de Pudong vit au tempo de l’économie mondiale. Evidemment, le bund est un symbole, il n’est pas la Chine ! Si 600 millions de Chinois de la classe moyenne vivent dans un monde qui est de plus en plus proche du nôtre, il y a une Chine de l’intérieur qui est aux antipodes de la Chine des côtes. La Chine demeure encore une terre mystérieuse qu’il faut apprendre à découvrir avec beaucoup d’humilité et de respect.

Rassurez-vous, je ne reviens pas en France, comme Ségolène Royal en 2007, qui vantait l’efficacité de la justice chinoise où « les tribunaux sont plus rapides qu’en France ». La Chine n’est pas un modèle à imiter, mais un nouveau monde à explorer et un partenaire à mieux connaître. Les liens entre nos deux pays sont nourris pas une curiosité réciproque dont témoigne le succès du pavillon français à l’exposition universelle de Shanghai (10 millions de personnes y seront passées entre mai et octobre – soit 55 000 visiteurs en moyenne par jour – ce qui en fait le pavillon le plus visité de toute l’exposition). A nous de renforcer cette relation afin de développer notre présence sur place : un point de part de marché supplémentaire gagné dans un pays qui connaît une croissance proche de 10% chaque année, c’est un vrai plus pour dynamiser notre économie. Au-delà des difficultés politiques, la confiance, le goût pour l’effort et l’initiative, l’ouverture au monde dont font preuve les Chinois sont autant de qualités qui génèrent un optimisme qui a déserté l’Europe et la France. A nous, en France, de retrouver cette flamme de l’espérance sans laquelle aucun pays ne peut progresser. Les responsables politiques doivent absolument contribuer à insuffler une telle dynamique. C’est mon désir le plus cher pour la France. C’est le sens de mon engagement politique.

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5 commentaires

Monsieur Jean-Francois Cope,

C’est avec un grand intérêt que j’ai pu lire vos impressions sur ce voyage en Chine.

Vous parlez de flamme, de confiance, d’espoir….

Seul un grand leader, un homme d’exception pourra redonner la confiance dans le devenir…dans une France qui cherche un chemin…

Ce leader doit mettre en forme un nouveau cadre pour redonner vie au dialogue…

Ce cadre pourrait être celui d’une nouvelle Démocratie humaniste de Progrès.

Bien cordialement,

jany guiot

17 septembre 2010 at 14 h 33 min

Quel raffraichissement de lire ces mots et retrouver les mêmes perceptions que ressenties sur place par moi-même sur Guangzhou, Hong-Kong et Shanghai.
Comment faire passer ce message à  nos compatriotes englués dans le spectacle affigeant de la confrontation perpétuelle pour des égoïsmes pitoyables.
Comment montrer que le chemin est dans la croissance eco-responsable, les technologies innovantes propres, les investissements positifs, dans l ‘ effort de réforme, collectif organisé, visionnaire et rigoureux, et pas dans la dette facile des promesses intenables et la décroissance proposée par les « pastèques ».
On a des atouts, mais on s ‘ est pris les pieds dans le tapis et on n ‘ avance plus. 2012, pire 2017 ? Oui, bien sûr, mais c ‘ est décidement vraiment trop loin. N ‘ y aurait-il pas moyen de faire bouger tout ça avant ? On n ‘ en peut plus.

17 septembre 2010 at 22 h 12 min

Monsieur Jean-Francois Cope,

Je vous mets en copie de ce que j’ai ecrit sur la visite des senateurs aus Etat-Unis qui ramene a votre reflexion sur le devenir…

Il est important que des hommes politiques, comme vous, s’interrogent sur l’expression du devenir…afin que la France se tourne vers l’espoir….

La Démocratie Humaniste de Progrès…
Quand l ‘ occident, l ‘ Europe, la France, se réveilleront-ils ?
Voyage de la délégation sénatoriale française au Etats-Unis

Monsieur le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin,

Tout d ‘ abord je voudrais vous remercier pour la qualité de vos impressions que vous nous donnez en partage…
Merci aussi a la délégation sénatoriale au complet qui au-delà  des différences de bancs reconnaît l ‘ importance du dialogue et des échanges…

Il y a des gens « bien » sur tous les bancs…

De vos impressions, Monsieur le Premier Ministre, il ressort trois points importants :

- Les électeurs d ‘ Obama sont certes déçus, mais ses adversaires sont divisés.

- Les entrepreneurs français rencontrés (Sodexo, Eads, Areva, EDF…) font aussi une analyse réservée sur un retour rapide à  la forte croissance. Le retour au plein emploi n ‘ est pas pour demain…

- Un vent de pessimisme économique se lève subrepticement en Amérique…

A mi-mandat, le Président Obama ne laisse-t-il pas planer le doute sur ses capacités à  convaincre, à  donner de l ‘ espoir et un horizon a son pays et au monde ?

Je me souviens, lors de son élection, que toute l ‘ Afrique et le reste du monde étaient en liesse…Que reste-t-il aujourd ‘ hui ?

La grande puissance, la plus grande machine économique du monde a du mal à  repartir après un long arrêt technique (pour maintenance)…

Dans les premiers jours du mandat du Président Obama, des erreurs de communication laissaient présager que la marche dans le désert serait longue…

La communication, le dialogue, la reconnaissance de l ‘ environnement politique, appellent à  un éveil des consciences et à  la sincérité des démarches pour redonner une nouvelle dynamique aux pays, au monde…

Le Président Obama avait les qualités pour faire que le monde de l ‘ économie renaisse de ses cendres en redonnant de l ‘ espoir a tous…
Le « souffle est retombe » le monde est déçu…et la bourse mondiale garde les yeux figes sur Wall Street …

La Chine, il y a déjà  longtemps qu ‘ elle s ‘ est réveillée, l ‘ Asie travaille…
Et nous, qu ‘ attendons-nous pour donner un sens a notre devenir ?

L ‘ Europe tergiverse, les ambitions personnelles, l ‘ égoïsme des politiques européens font oublier les erreurs de gestion de cette institution importante pour les peuples.
C ‘ est l ‘ Europe de la course en avant, de l ‘ agrandissement sans contrôle, sans règles, sans régulations…et nous continuons le jeu hypocrite avec la Turquie…

L ‘ Europe est corrompue par l ‘ irresponsabilité et le manque de vision de ses dirigeants.

L ‘ Europe parle des ROMS (qui est un problème important nous devons en convenir) mais oublie de parler de sa gestion et de la prospective aux peuples européens.

Que ce soit pour la France et l ‘ Europe, nous avons besoin de retrouver un cadre de valeurs, un cadre de réflexions, pour redonner une chance au devenir…

Dans les années 2000, j ‘ avais réfléchi au concept de Démocratie Participative, malheureusement, cette réflexion a été incomprise a droite comme a gauche et est devenue « la course des ego »…

Je pense que notre réflexion doit s ‘ ouvrir sur un horizon plus large.
« La Démocratie Humaniste de Progrès » qui intègre les valeurs de reconnaissance de chacun dans l ‘ environnement global (social, sociétal, environnemental) et qui prend en compte les nécessites de gestion de l ‘ espace économique, industriel et commercial des pays.

« La Démocratie Humaniste de Progrès » doit être un grand espace de dialogue, afin de redonner le goût d ‘ entreprendre, le goût de gestion, de donner une chance à  l ‘ éveil des consciences, l ‘ éveil de chacun, à  l ‘ émancipation des peuples, à  la formation….
La politique industrielle en fait partie…

Si l ‘ on veut sortir du marasme dans lequel nous sommes, nous devons choisir de regarder l ‘ horizon ensemble au-delà  de nos différences, la lumière de la vie en partage…

Bien cordialement,

jany guiot le 18 Septembre 2010

nb : pardon pour les fautes d ‘ accent, je suis sur un clavier américain qui ne permet pas de tout corriger…merci de votre compréhension..

18 septembre 2010 at 4 h 13 min

Monsieur le Premier Ministre Jean-Francois Cope,

J’ai pu lire dans les medias ce commentaire d’un grand responsable politique…
« Ces circonstances géopolitiques devrait convaincre l ‘ Europe de s ‘ occuper de son destin plutôt que de multiplier les querelles intestines. Le récent sommet européen est passé à  côté de son agenda. La stratégie de la relation Europe/Chine attendra. Le dialogue transatlantique aussi. A force de prendre notre temps on finira par le perdre. »

Malheureusement, vous le voyez vous même en tant qu’homme politique avise, l’Europe d’aujourd’hui est celle des querelles internes, d’un pouvoir qui défie les Etats, mais qui ne donne pas l’impression d’avoir une vision géopolitique du devenir…
Il y a plus de conflits d’intérêts dus à  l’histoire et à  l’environnement de chaque pays membre, que de propositions qui pose la question du devenir….

***Bien sur, nous avons fait l’Europe, celle qui nous a peut-être sauve en temps de crise, la zone Euro qui nous a permis de ne pas voir se dévaluer plusieurs fois notre monnaie d’avant « le Franc ».
Il y a la politique agricole aussi…

Nous parlons d’Europe économique, d’Europe politique…
Si nous sommes prêts pour l’Europe économique, nous ne le sommes pas au niveau politique et ce n’est pas nos représentants nationaux qui améliorerons la situation…
Dans leur désunion, les élus ne représentent pas la France, ils représentent leurs rancoeurs partisanes…
Les élus nationaux, les élus de chaque pays membre, devraient pouvoir prendre la dimension de leur rôle, celui d’harmoniser la gestion globale de l’Europe et de réfléchir aux relations avec les autres pays du monde, qu’ils soient partenaires privilégies, partenaires dans le cadre du développement, partenaires dans le cadre des échanges équilibres, partenaires dans le cadre de relations politiques et économiques….

En d ‘ autre temps, les responsables politiques auraient peut-être parle de « la chienlie »
Nous avons mis en place des présidents fantoches, des commissaires, des groupes de travail, nous ne comprenons plus rien à  cette organisation qui écrit des textes…Et elle s ‘ éloigne de plus en plus des administres…
Chacun exprime ses « Etats d ‘ Ames » sur les medias internationaux sans prendre le temps de la réflexion ou d ‘ informer les hiérarchies des pays membres…
C ‘ est la petite guéguerre des influences…

CELA SUFFIT….
Nous n ‘ avons pas fait une Europe pour les « problèmes d ‘ ego » des élus de cette organisation…
Les dirigeants européens doivent s ‘ occuper de la gestion commune et rendre des comptes aux Etats membres…pas de tergiverser sur les medias…

Les présidents de républiques, les dirigeants des Etats membres doivent impérativement réfléchir à  l ‘ organisation de l ‘ Europe pour la rendre plus efficace dans son fonctionnement….

Je ne suis pas sur que les administres européens voient d ‘ un bon oeil ce nouveau poste de président de l ‘ union européenne et puis celui de président de la commission européenne…Nous n ‘ en avons pas besoin…Pourquoi jeter l ‘ argent des européens par la fenêtre, pourquoi ce gâchis ?
Et puis changez les titres des postes (ex commissaire général, pour éviter les problèmes d ‘ ego)…
Nous avons assez de fonctionnaires….

Inachevé

Bien cordialement,

Jany guiot

19 septembre 2010 at 6 h 44 min

L ‘ absentéisme et la rémunération des députés européens et du personnel administratif.

Monsieur,

La justice sociale est une valeur qu ‘ il faut respecter au sein de nos institutions à  l ‘ intérieur de l ‘ Hexagone comme au sein de l ‘ Union et de la Commission Européenne.

Il y a, à  l ‘ Assemblée Nationale et au Sénat, des critères pour l ‘ absentéisme…
Je sollicite que ces critères soient aussi utilises pour l ‘ Union et la Commission Européenne.

Il n ‘ est pas juste de laisser le laxisme et l ‘ absentéisme sans règles strictes et dans le même temps demander aux administres de se serrer la ceinture en temps de crise.

Pour l ‘ Union et la Commission Européenne je propose :
- Un critère sur l ‘ absentéisme avec diminution des salaires
- Révision et diminution des budgets de fonctionnement avec des « Audits »
- Révision et diminution de tous les effectifs du personnel administratif
- Révision et diminution des allocations de logements
- Revoir les locaux alloues au travail des députés européens.
- Revoir tous les budgets de voyages et leurs nécessites.
- Responsabiliser les dirigeants européens sur tous les budgets administratifs notamment ceux alloues aux communications.

Il est possible de faire des économies de fonctionnement tout en responsabilisant mieux tous les députés et les dirigeants européens.

L ‘ Europe doit être un exemple de gestion transparente.

Veuillez agréer Monsieur, l ‘ expression de ma très haute considération.

Jany Guiot le 19 Septembre 2010

19 septembre 2010 at 12 h 31 min
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