A Berlin, pour faire avancer le G2 France-Allemagne
Après des années de stagnation économique (entre 2000 et 2009, la croissance annuelle moyenne –inflation comprise- a été de 1,6% en Allemagne contre 3% en France), l’Allemagne est en train de cueillir les premiers fruits de 15 ans de réformes structurelles. Elle renoue cette année avec une forte croissance, prévue à plus de 3%, et un chômage en baisse à 6,8%, au plus bas depuis 1992. De quoi nous faire réfléchir sur la stratégie économique à adopter en France ! Alors que sort un numéro spécial des Cahiers de Génération France.fr sur le G2 France-Allemagne, j’étais la semaine dernière à Berlin.
Le programme du mercredi 29 septembre était très dense !
Le matin, avec mon ami Pierre Lequiller, Président de la Commission des Affaires européennes à l’Assemblée, grand connaisseur de l’Allemagne et de l’Europe en général, nous avons longuement échangé avec Gunther Krichbaum, l’homologue de Pierre au Bundestag, et Christoph Heusgen, le conseiller diplomatique d’Angela Merkel. Au cœur de ces discussions amicales : la nécessité pour nos deux pays de cultiver plus que jamais leur entente pour faire face à la concurrence croissante des pays émergents.
Je suis ensuite allé débattre avec les étudiants de l’ESCP sur le thème « compétitivité et croissance dans l’Union européenne : rôle de la France et de l’Allemagne » !. Voilà une école française qui a su parier sur l’international, en proposant à ses étudiants de suivre un cursus entre Paris, Berlin, Londres, Madrid et Turin ! Dans notre pays, où nous avons parfois tant de réticence à nous ouvrir au monde, c’est un bel exemple.
A la résidence de l’ambassadeur de France, j’ai pu rencontrer des dirigeants d’entreprises (Deutsche Telekom, KPMG, GmBH, Egon Zehnder…) et des responsables de la société civile, dont Bert Rürup, père de la loi de 2004 sur les retraites allemandes. Ce déjeuner était le parfait prolongement, avec des praticiens allemands, du débat sur la compétitivité entamé plus tôt avec les étudiants. J’en conclus que nous avons beaucoup à apprendre du savoir faire allemand notamment en ce qui concerne les PME et l’export : seules 5 000 PME françaises ont plus de 250 salariés. Outre-rhin, c’est le double… Nous avons aussi trois fois moins d’entreprises exportatrices qu’en Allemagne ! Je suis convaincu que la faiblesse du tissu des PME françaises est un sujet crucial qui devra être au cœur de notre politique économique dans les années à venir.
L’après-midi a été rythmée par deux rendez-vous importants.
Tout d’abord une réunion avec mon homologue Volker Kauder, Président du groupe parlementaire CDU/CSU et Andreas Schockenhoff, Président du groupe d’amitié France-Allemagne. Je travaille depuis 2007 à établir un lien étroit de confiance et d’amitié avec les parlementaires allemands. Je crois que si nous voulons donner un nouveau souffle à la coopération franco-allemande, nous ne pouvons nous contenter d’échanges intergouvernementaux, évidemment essentiels pour impulser une dynamique au plus haut niveau, mais qui donnent souvent l’impression d’être éloignés du terrain. En complément de l’action intergouvernementale, le Parlement est l’échelon approprié pour ancrer la relation franco-allemande dans le quotidien des citoyens. Avec Volker Kauder, nous avons décidé de mettre en place un ambitieux agenda commun aux groupes UMP et CDU/CSU pour les deux ans à venir. Début février, le bureau du groupe CDU/CSU, sera à Paris pour finaliser le rapprochement de nos législations sur trois sujets : la violence faite aux femmes, la parité et la protection des libertés individuelles sur Internet. Nos deux groupes débattront en 2011 sur des sujets communs comme la politique d’intégration en France et en Allemagne et l’élaboration de nos budgets. Enfin, Volker Kauder a décidé d’inviter à Berlin, au Printemps prochain, les membres du Club des 27, que j’avais créé en décembre 2007 et qui rassemble tous les présidents de groupes parlementaires nationaux des partis membres du PPE des pays de l’Union européenne.
Ensuite, je me suis entretenu avec Ronald Pofalla, chef de la chancellerie fédéral et Ministre fédéral chargé des Missions spéciales, un homme de 51 ans, très proche d’Angela Merkel.
En fin de journée, j’ai pris le temps de visiter le Deutsches Historisches Museum, un musée passionnant installé dans le chef d’œuvre baroque qu’est le Zeughaus, ancien arsenal de Berlin, situé sur la fameuse avenue Unter den Linden, non loin de l’ambassade de France. Sur 8 000 mètres carrés, on y parcourt 2000 ans d’histoire ! Au-delà des conflits qui nous ont opposés, parfois de manière si violente, j’ai été frappé de voir combien nos deux pays n’avaient jamais cessé, tout au long de l’histoire, de s’irriguer réciproquement au niveau politique, culturel ou artistique.
Cette journée, placée sous le signe de l’amitié et de la coopération, s’est achevée par un grand dîner au Bundestag avec des députés de la CDU/CSU, membres des commissions des affaires étrangères, européennes, économiques, intérieures et des finances. Je leur ai transmis un message qui me tient très à cœur : pour continuer à exister dans un monde de plus en plus façonné par le G2 sino-américain, il faut constituer, au cœur de l’Union européenne, un G2 franco-allemand !

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1 Commentaire
Je n »en crois pas mes oreilles! JFC vient de dire au grand journal ce que je pense tout bas » la France et l’Allemagne 4ème et 5éme puissance du monde doivent s’organiser ».
Des propos d’un politique intelligent, enfin!