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Récidive : tout faire pour ne plus avoir de nouveaux drames comme à Pornic

Récidive : tout faire pour ne plus avoir de nouveaux drames comme à Pornic

Le drame de l’assassinat de la jeune Laetitia à Pornic nous a tous profondément choqués. Personne ne peut comprendre comment un individu déjà condamné 13 fois -notamment pour plusieurs braquages avec violence et un viol en prison-, dont les experts considéraient qu’il avait « des tendances psychopathiques », pouvait être en liberté et soit aujourd’hui impliqué dans un meurtre particulièrement sordide.

Passé le temps de la compassion et de l’indignation, vient celui de la réaction. Sans céder à la tentation de dénoncer des boucs-émissaires, sans vouloir légiférer à tout prix dans l’urgence, sans promettre le risque zéro, nous avons le devoir d’analyser à froid les défaillances de notre système judiciaire et d’apporter aux Français des réponses concrètes.

A mon sens, cette affaire a révélé trois problèmes qui doivent guider notre réflexion :

1. Notre pays n’a pas assez de moyens pour le suivi des individus qui sortent de prison. Plus de 160 000 personnes sont suivies « en milieu ouvert » par les services de la justice, soit en attente de leurs procès, soit en phase de réinsertion après avoir purgé leurs peines. Mais nous manquons cruellement de personnel pour assurer leur accompagnement. En Loire-Atlantique, où s’est produit ce crime, faute de moyens, près de 800 individus n’étaient pas suivis comme la loi le prévoyait. L’idée n’est pas qu’un agent épie les faits et gestes de chaque ancien détenu, mais il n’est pas tolérable que les services de réinsertion n’aient pas les moyens de leur mission.

2. La France manque d’environ 20 000 places de prison. La majorité a lancé un plan sans précédent de rénovation de nos prisons : d’ici 2017, 14 000 nouvelles places seront ouvertes et 9000 places vétustes fermées. Mais cet effort sans précédent ne suffit pas : ces 5000 nouvelles places ne permettront pas de compenser l’afflux de nouveaux détenus d’ici 2017, d’autant plus qu’il y a dans notre pays un stock de plus de 80 000 peines de prison ferme en attente d’être exécutées… Ce qui porte à 20 000 le nombre de places manquantes dans notre parc pénitentiaire. C’est inacceptable et dangereux pour notre société : le manque de places en prison est le meilleur allié du sentiment d’impunité qui anime certains délinquants et du sentiment d’insécurité qui peut angoisser nos concitoyens. La construction de nouvelles prisons doit être une priorité absolue dans les années qui viennent.

3. Nous devons rouvrir le débat sur l’application des peines. Le meurtrier présumé de Laetitia n’avait pas bénéficié d’une libération conditionnelle. Toutefois, le fait même qu’une personne de son « pedigree » soit en liberté doit nous interpeller. Dans ce sens, on ne peut pas balayer d’un revers de la main toute loi qui viserait à durcir les peines pour les récidivistes les plus dangereux. On ne peut pas écarter l’idée d’introduire des jurés populaires -comme dans les cours d’assises- pour l’application des peines. On ne peut pas ne pas s’interroger sur la possibilité de rendre impossible la remise en liberté d’un criminel condamné à de très lourdes peines, avant qu’il n’ait accompli la totalité de sa peine.

La majorité va aborder tous ces débats dans la sérénité, sans craindre de s’attaquer à tous les tabous qui brident parfois notre réflexion, et avec comme seule volonté de toujours mieux protéger les Français.

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1 Commentaire

Bonjour,

Merci de rappeler en premier que les conseillers d’insertion et de probation sont en sous-effectif, et que leur « file active » est beaucoup trop importante ! (pour bien faire leur travail, ils ne devraient pas suivre plus de 70 à 80 personnes par mois…). Vous dîtes qu’il ne faut pas de « boucs émissaires », c’est pourtan l’impression que j’ai eu en entendant Nicolas Sarkozy, qui a montré du doigt, bien trop impulsivement, les SPIP…

Par ailleurs, il faut certes rappeler que Tony Meilhon avait un passif judiciaire (vols avec violence + un viol en prison avec deux complices sur un co-détenu), mais il n’avait jamais violé de femme ni tué. Il avait peut-être été étiqueté par des experts « psychopathe », mais s’il fallait suivre toutes les personnes étiquetées ainsi par des experts qui peuvent aussi se tromper, ce ne sont pas 3.000 conseillers SPIP de plus qu’il faudrait, mais 30.000 ! De plus, je vous rappelle que Tony Meilhon avait purgé sa peine (11 années de prison). Le risque de récidive existe, et il serait bien imprudent de penser pouvoir le contrôler. Je ne pense pas non plus qu’il faille introduire des jurés populaires, qui risqueraient d’être trop « émotionnels » pour être juste dans leur jugement.

Par contre, je trouve qu’il devrait y avoir un vrai débat sur la durée des peines, trop souvent réduites, systématiquement. Du coup, les peines prononcées ne veulent pas dire grand chose !

Je compatis à la douleur des familles concernées par des crimes odieux (je ne suis pas sûre d’ailleurs que je pourrais débattre posément si j’étais moi-même concernée…), mais j’ai été déçue que Nicolas Sarkozy ait réagi aussi impulsivement, sous le coup de l’émotionnel, dans une démarche que j’ai trouvé pour ma part très « démago »… C’est bien dommage, et ça a bien sûr braqué les personnes de SPIP et les magistrats. On peut toujours débattre du fond des choses, encore faut-il éviter de pointer trop rapidement des « boucs émissaires » et de juger trop vite…

28 mars 2011 at 21 h 40 min
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