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Mon interview dans les Echos

Mon interview dans les Echos

J’ai donné dans les Echos une interview publiée dans l’édition du 22 août qui balaye les grands thèmes de l’actualité politique de la rentrée : la question de la dette, la mise en place de la « règle d’or » et l’intervention en Libye.
N’hésitez pas à me faire part de vos réflexions et réactions en commentaires !

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Dégradation de la notation américaine, crise des dettes souveraines, ralentissement économique : ce paysage de rentrée inquiète-t-il l’ancien ministre du Budget que vous êtes ?

Bien sûr que la situation est préoccupante et pour une raison simple : notre modèle de croissance est fondé depuis près de quarante ans sur la dette, privée et souveraine. Le niveau de cette dette, trop élevé, nous oblige à revoir tous nos fondamentaux. Il faut donc faire évoluer notre modèle de croissance.


Je tire deux leçons de ce qui s’est passé cet été : d’abord, il faut avoir un système institutionnel et des responsables politiques solides. Les agences de notation ont sanctionné les dirigeants américains et salué l’action déterminée de Nicolas Sarkozy et de sa majorité. La deuxième leçon est au niveau européen : en attendant des institutions plus fortes, la solidité franco-allemande est vitale.

 

Mais le sommet franco-allemand n’a pas réussi à enrayer la baisse des Bourses. Les politiques sont-ils démunis ?


Il faut gagner cette bataille sans nier les évidences : le meilleur moyen de ne pas être soumis aux marchés c’est de se désendetter. Le nier comme le fait Arnaud Montebourg, c’est pathétique. Les décisions qui vont être prises dans les mois et les années qui viennent seront cruciales. Ce sont des rendez-vous de courage et de vérité.





Faut-il désormais parler de rigueur ?


Oui, mais ne perdons pas de temps avec les mots. Pour 2011, il est capital de respecter à l’euro près le déficit prévu, y compris en profitant s’il le faut du collectif budgétaire début septembre. Il y a une réserve de précaution, il ne faudra pas hésiter à y faire appel pour garantir le déficit de l’Etat, prévu à 91 milliards d’euros cette année.


Pour 2012, je soutiens certes une démarche d’accroissement des recettes, mais je pense comme une très grande majorité des Français qu’il faut aussi baisser fortement les dépenses. Il nous faut donc agir sur les 1.000 milliards d’euros de dépenses publiques. Nous ne pouvons pas nous payer le luxe de ne pas regarder les économies. Par exemple les dépenses des collectivités territoriales. On ne peut plus avoir un tel décalage entre la croissance des dépenses de l’Etat et celles des régions et des départements.


Ensuite viendra 2013 et la nécessité d’évoquer la poursuite des réformes de structure : sur les interventions sociales qui doivent être recentrées, les aides économiques, la sécurité sociale ou la fonction publique…





Faut-il différer la réforme de la dépendance, qui doit coûter 1 milliard d’euros ?


La crise ne commande pas d’arrêter les réformes, mais de les amplifier, seule manière de résoudre les problèmes avant qu’il ne soit trop tard.





Quelle forme doit prendre la taxation des hauts revenus ?


Je suis favorable à une taxation exceptionnelle. L’heure est suffisamment grave pour appeler à une mobilisation de tous. Mais qu’il n’y ait pas d’ambiguïté : ce n’est pas cela qui résoudra l’endettement du pays. On ne peut en attendre que quelques centaines de millions d’euros quand notre objectif pour 2012 est autour d’une dizaine de milliards supplémentaires.





Que répondez-vous à Martine Aubry, qui accuse Nicolas Sarkozy d’avoir « rajouté de la crise à la crise » par sa politique depuis 2007 ?


Je lui réponds que si la crise n’était que française, cela se verrait et cela se saurait. Tout ce que nous vivons -tout le monde le sait -est d’abord lié à une crise de l’économie mondiale. Je regrette que le Parti socialiste continue de penser que la France est une île et que la critique exclusive de Nicolas Sarkozy puisse à ses yeux tenir lieu de programme alternatif.


A l’heure de cette crise mondiale très grave, je trouve l’attitude du PS très préoccupante. Un mot me vient à l’esprit pour la caractériser : l’immaturité. Je suis en effet frappé par l’extrême immaturité des dirigeants du Parti socialiste, dont le symbole premier est leur refus obstiné et puéril de la règle d’or. La règle d’or n’est pas une lubie de la droite française. Elle est pratiquée dans près de 90 pays.





Mais contournée dans beaucoup…


La nôtre aurait valeur constitutionnelle. En fait, il y a derrière ce refus des socialistes de la voter une vraie ambiguïté. Soit c’est le refus de l’intérêt national, soit c’est l’incapacité à rendre le projet socialiste compatible avec cette règle d’or. Parce que chacun doit prendre ses responsabilités, je suis favorable à la convocation du Congrès à Versailles. Et puisque l’on est à la veille de l’université d’été de La Rochelle, je voudrais interpeller le PS en lui posant trois questions fondamentales.


En premier lieu, le PS confirme-t-il, au risque de ruiner notre système, le retour de la retraite à 60 ans comme il l’avait promis ? Ensuite, le PS confirme-t-il qu’il veut remettre en cause la fusion, pourtant indispensable, entre les départements et les régions, source d’économie et d’efficacité majeure pour l’avenir. Enfin, confirme-t-il, malgré la crise, le programme fou qu’il a présenté aux Français : 300.000 emplois-jeunes dans l’administration, création d’une allocation universelle pour les 18-25 ans, abandon de la règle du « un sur deux «  dans la fonction publique ?


Ce sont trois marqueurs majeurs. Vous le voyez, pour eux aussi l’heure de vérité est en train de sonner.





Le PS dit qu’il n’a aucune leçon à recevoir d’une droite qui « a multiplié par deux la dette en dix ans »…


L’esprit polémique n’interdit pas d’être juste. Nous avons connu un accroissement de la dette pour une bonne part lié à la crise mondiale. Mais le niveau élevé de la dette, ce n’est pas depuis cinq ans. C’est depuis quarante ans.





Le régime libyen semble s’effondrer. Le volontarisme de Nicolas Sarkozy suffit à faire oublier qu’il avait d’abord déroulé le tapis rouge au colonel Kadhafi ?


Le sujet n’est pas de faire oublier quoi que ce soit. Kadhafi a eu une occasion de réintégrer la communauté internationale mais il l’a gâchée et sa nature profonde a rapidement repris le dessus. L’intervention en Libye visait à protéger les populations civiles de la folie criminelle d’un dictateur. Nous pouvons être fiers que Nicolas Sarkozy, au nom de la France, ait été en pointe dans l’initiative internationale qui conduit inéluctablement à la chute de Kadhafi. Une chute, bien sûr, qui nous réjouit pleinement.

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5 commentaires

Très décevant votre réaction à l’affaire DSK dont le classement vous rend « très heureux ». Je ne prendrai pas ma carte à l’UMP comme j’en avais l’intention car j’ai été très choquée par vos propos .Un peu de retenue….

25 août 2011 at 7 h 32 min

Il y a tant à dire… Comme beaucoup de français je suis desabusé par les politiques (de tout bords) .. Mais depuis 40 ans qui à été le plus souvent aux affaires ? La droite ! C’est une réalité.

Une fois de plus les mesures annoncées vont toucher en majorité les bas revenus et la classe moyenne. 3% sur les revenus fiscaux de reference a partir de 500 000 € est une pantalonnade .. La plupart d’entre nous vivrait tres bien avec 50 000€ par an !

Je crois décidément que la classe politique est totalement déconnectée des réalités.. Pour reprendre une celebre publicité : nous n’avons pas les mêmes rillettes.. On ne mange pas au fouquet’s ou meme au restaurant tout les jours.. On ne se paye pas de belles propriétés ni de belles voitures ou des Rollex.. Pourquoi ne pas taxer un peu plus le luxe plutot que de taxer les sodas (ce qui est totalement incohérent puisque les jus de fruits pur jus contiennent plus de sucre que les sodas.. voila typiquement une mesure pondue par on ne sait quel expert a 3 sous..) . Une mesure idiote excusez moi du terme..
Pourquoi ne pas aussi taxer la charcuterie très mauvaise pour la santé, les fast-foods, et tout les aliments contenant de l’huile de palme destructrice de la santé et de la bio-diversité, les pesticides, les sacs plastiques ou encore les engrais et produits générateurs de nitrates ????? Ha.. Excusez moi j’oubliais que l »écologie est la derniere préoccupation du gouvernement..
Et dans ce fatras de mesures.. où sont les économies ??

Vous nous faites un pataquès sur la règle d’or que vos gouvernements successifs n’ont jamais respecté depuis le traité Européen !!! Cette règle d’or existe deja en Europe ! 3% maximum de déficit c’est bien la règle que vous n’avez pas su respecter non ?

Aujourd’hui je suis chaque jour plus révolté par la société qu’on nous impose .. Apres le printemps arabe, je rêve d’un automne occidental ..Car quel qu’en soit la forme une révolution s’impose. Il est grand temps de construire des sociétés plus égalitaires et plus humaines basées sur d’autres valeurs que celle de l’argent et du toujours plus ..
Mais évidement cette société là les « élites’ que vous représentez n’en veulent pas..Pensez donc ! Une société sans pauvres..mais quelle horreur ! Sans pauvres .. plus de riches !!! Hélas tout les discours du monde ne parviendront jamais à faire changer votre mode de fonctionnement.. Alors restez dans les ors de la république bien confortablement installé, continuons a verser de grasses indemnités et retraites aux parlementaires, ministres et sénateurs.. Continuez a préserver vos riches porte-feuilles ..

La crise est là oui, et elle à bon dos.. mais qui souffre le plus de cette crise ? Qui fait de l’argent avec la spéculation pendant que les bourses jouent au yoyo ?
Depuis le debut de cette crise rien n’a été fait pour lutter contre la spéculation et les pratiques financières.. a part quelques mesures d’affichage rien de concret..

Mais je le sais mon discours est une pierre dans l’eau..

Je terminerais mon propos par l’affaire Kadhafi.. Vous avez reçu ce boucher en grande pompe et l’avez laissé planter sa tente sur le sol français !! Vous n’avez vraiment honte de rien .. A cette époque Kadhafi était parait il devenu fréquentable.. Et dire qu’on a failli lui vendre des centrales nucléaires.. Bravo , vraiment je dis bravo.. ! Mais il est vrai qu’il n’y a pas si longtemps un certain maréchal s’est aplati devant un autre tristement celebre dictateur..
On a aussi soutenu bien d’autres charmants personnages en egypte ou en tunisie, en cote d’ivoire ou en syrie.. Quelle conscience ..

Vous êtes fier.. moi j’ai honte pour vous Monsieur Copé !

25 août 2011 at 13 h 09 min

Bonsoir,
D’une manière générale, j’approuve la plupart des décisions prises et les explications donneés. Cependant, deux points me paraissent étonnants. Tout d’abord, alors que la crise financière mondiale ne date quand même pas d’hier, pourquoi attendre si longtemps avant de prendre des mesures d’économie ? Il me semble que celles envisagées auraient pu l’être il y a deux ans, autant de temps de gagné ! Mais surtout, certes taxer les sodas peut se comprendre. Cependant le sucre ne représente pas la principale cause d’obésité. Pourquoi alors ne pas taxer les fast-food, autrement plus générateur du trouble incriminé.
Enfin, quel courage vous faut-il pour gouverner un peuple qui ne semble jamais satisfait de rien !
Bon courage car je pense sincérement que la lumière est dans votre direction.

3 septembre 2011 at 22 h 27 min

La rigueur toujours la rigueur mais pour qui ?
Ce n’est pas en taxant les sodas et les parcs d’attraction pour les enfants (qui ne partent pas tous en vacances) que le gouvernement va réduire le déficits : 1 800 Mds !

Pourquoi ne pas taxer un peu plus le luxe, le champagne, les oeuvres d’art, mettre la TVA sur les prothèses dentaires, l’or, l’immobilier haut de gamme et le locatif des résidences secondaires de luxe, les pierres précieuses, réduire les salaires des parlementaires, supprimer le cumul des mandats, faire des économies dans les dépenses parfois exhorbitantes des communes, regrouper les communes par trois (22 000 actuellement), taxer les banques qui spéculent avec notre argent et prennent des risques inconsidérés, suppression des niches fiscales injustifiées, etc.
Arrêtons la remise des dettes à des pays créanciers qui ne savent pas gerer leurs richesses naturelles, et.

4 septembre 2011 at 9 h 51 min

Des réformes d’accord, mais il ne faut pas oublier que les français ont déjà beaucoup donné.

17 septembre 2011 at 20 h 21 min
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